Cosi Fan Tutte

EN CRÉATION

Wolfgang Amadeus Mozart : Cosi Fan Tutte – livret de Lorenzo Da Ponte

  • juillet 2017 : version semi-stage (mise en espace)
  • saison 2017-18 : version mise en scène

En coproduction avec l’Opéra national de Lyon

Créé le 20 janvier 1790 au Burgtheater de Vienne, Così fan tutte est le dernier opera buffa de Mozart. Dans un souffle jubilatoire, le compositeur reconvoque avec son librettiste Lorenzo Da Ponte les thèmes qui avaient fait le succès des Noces de Figaro (1786) et de Don Giovanni (1787). Le masque, le travestissement, la séduction ou la guerre des sexes : aucun des ressorts des deux premiers volets de leur trilogie n’est négligé, concourant à faire de cet opéra une œuvre grisante. Cosi n’est-il pour autant qu’une comédie ? Non, parce que c’est parallèlement un opéra à l’image de son temps : représenté dans une Vienne où la mort imminente de l’empereur éclairé Joseph II et les remous de la révolution française imposent dans la capitale autrichienne un retour à l’esprit de sérieux, cet opéra porte aussi sur l’ambiguïté des êtres et la labilité des sentiments amoureux : les péripéties auxquelles donnent lieu les manigances de Don Alfonso dévoilent un monde crépusculaire dont les valeurs sont en crise.

Sur la scène, Don Alfonso dévoile un sol blanc labyrinthique sur lequel prendra place, pendant près de trois heures, l’expérience qu’il entend faire vivre à deux amis soldats, un peu trop sûrs de leurs fiancées. Peu à peu, des chaises, des tables, des rideaux de tulle blanc, des orangers se chargent de dessiner les différents lieux du complot, tandis que des coussins aux couleurs vives, de la vaisselle en terre cuite et des bougies suggèrent cet Orient dont se servent les deux hommes pour mettre à l’épreuve leurs dulcinées. Dans ce théâtre rigoureusement découpé par les lumières et dont Alfonso semble tirer toutes les ficelles, il y a un subterfuge : des images vidéos apparaissent, qui suggèrent tantôt la mer, tantôt le crépuscule. Projetées sur des tulles blancs qui glissent d’un côté à un autre de la scène, elles apportent une touche surnaturelle et onirique à ce chassé-croisé amoureux qui semblait faire théâtre à partir de rien. Elles portent la main-mise du personnage d’Alfonso, manipulateur de talent évoquant Prospero, le vieux magicien de La Tempête de Shakespeare, toujours avide d’effacer les frontières entre l’illusion et la réalité.

Florent Sciaud

Informations sur le projet
  • Ensemble : Le Concert de l'Hostel Dieu et l'Opéra de Lyon
  • Rôle : direction